Editorial "Enseigner la musique n° 6 - 7 "
 

 

 

Le numéro 6 d’Enseigner la musique sort donc en même temps que le numéro 7.
Mieux : ils sont réunis dans la même livraison, ce dont son épaisseur atteste. Un numéro double, de fait épais, dont nous espérons la lecture légère, aérée par de nombreuses contributions et témoignages très toniques.
Les réponses à notre appel à communications matérialisent clairement un paradoxe : notre milieu professionnel bouillonne - de réflexions, d’inventivité, d’audaces, de coopérations inédites ; dans le même temps, prendre la plume y demeure chose rare, l’échange et le débat restant confiés aux hasards des rencontres individuelles.
L’écriture engage. L’objectivation d’une pensée expose à la controverse : cela ne va donc pas sans risque. C’est toutefois la seule voie démocratique, laquelle suppose la « publicité » des débats, la sortie du huis clos de la délibération personnelle - ou des effets de clans.

Bien sûr, il nous a fallu « relancer » celles et ceux qui avaient manifesté leur intention de contribuer au débat dans nos colonnes ; bien sûr aussi avons-nous sollicité les uns ou les autres, afin que telle expérience ou telle vision de l’enseignement de la musique sorte de l’initiative locale ou personnelle. Il s’agit là d’un travail éditorial au fond tout à fait normal..
Mais il n’y eut guère à solliciter longtemps nos contributeurs, ni à chercher bien loin les volontaires. Dès les premiers contacts, nous avons été étonnés de la densité des préoccupations et, redisons-le, de l’inventivité qui parcourt la profession. La question demeure de parvenir à fédérer ces énergies par le débat, l’échange professionnel, une plus grande audience donnée aux initiatives. Le présent numéro, même double, n’épuise pas, tant s’en faut, les ressources d’écriture sur notre métier : il témoigne d’abord de la nécessité de les rendre pérennes. Aussi retrouverez-vous dans les pages ci-après un nouvel appel à contributions. Le numéro suivant sera-t-il dès lors aussi copieux ? Sans nul doute.

Toutefois, le numéro 8 d’Enseigner la musique n° 8 sera lui aussi un peu hors norme : vous pourrez vous le procurer dès avril 2005, ce qui ajoutera au désordre de la périodicité de cette revue déjà évoqué dans la livraison précédente. Il s’agira de la publication des actes d’une rencontre organisée à Lyon : « Education permanente, action culturelle et enseignement : les défis des musiques actuelles amplifiées ». La publication de ces travaux sera proposée comme une contribution, spécifique mais non exclusive ni exhaustive, aux questions mêlées des pédagogies musicales et de l’action culturelle en général, voire de la conception de l’art aujourd’hui.

Lors de ces rencontres, différents acteurs des pratiques artistiques tenteront, ensemble, de tracer un chemin de crête entre plusieurs questions qui, à l’évidence, se rejoignent sur ce secteur, tout en étant rarementconvoquées dans un même débat : conceptions des pratiques artistiques dansla vie citoyenne, interrogations sur les dispositifs pédagogiques, voire «
didactiques », longtemps définis par les seules institutions labellisées, actualité d’un retour aux concepts de l’éducation permanente, sens du travail des acteurs culturels, manières de penser et d’organiser les « médiations » au départ des institutions, répartition des actions entre acteurs « civils » et institutionnels.

Ce prochain numéro résonnera sans doute de l’écho d’une préoccupation largement traitée dans celui-ci par nos divers contributeurs : celle d’une école de musique organisant plus nettement les transversalités esthétiques, développant les chemins de traverse aux alentours des cursus traditionnels, s’engageant résolument dans la multiplicité des dispositifs pédagogiques.

Enseigner la musique trace lentement une petite route, sorte de voie vicinale modeste le long d’autoroutes éditoriales plus médiatisées. Cette voie est dédiée à la culture professionnelle de tous ceux qui oeuvrent dans les pratiques musicales. Elle cherche à se tenir résolument à l’écart de tout dogmatisme. Chemin faisant, cette revue tente de donner du goût à la rencontre professionnelle en cueillant dans les paysages les plus divers ces saveurs variées qui surprennent et remobilisent.

Enseigner la musique vit aujourd’hui grâce à ceux qui le lisent, fût-ce parfois bien après sa parution. Dorénavant, Enseigner la musique vivra aussi grâce à tous ceux qui y écrivent.
Un petit conseil, pour la route justement, pour qu’elle se poursuive : n’oubliez pas de vous abonner…

Jean-Charles François et Eddy Schepens

 

Le numéro, en bref...

Depuis ses débuts, notre revue a été alimentée par les contributions d’auteurs - musiciens, chercheurs en sciences humaines, musicologues, philosophes - à qui nous demandons de formuler par écrit le thème d’une conférence qu’ils donnent dans le cadre d’une collaboration entre le CNSMD de Lyon et le Cefedem Rhône-Alpes. La première partie de ce numéro est constituée de quatre articles de ce type.

La seconde partie de cette livraison reprend quelques interventions tenues lors du Colloque de Rezé, organisé par Conservatoires de France : « Ecoles de musique, de danse, de théâtre : des accueils et des apprentissages diversifiés pour une pratique artistique en amateur ».

Dans le numéro 5 d’Enseigner la musique, nous lancions un « appel à communications » : nous nous réjouissons de publier ces témoignages qui constituent la troisième partie de ce double numéro et qui expliquent son volume. Les numéros suivants contiendront régulièrement de telles contributions.

Merci à tous ces contributeurs de nourrir cette publication.
Merci aussi à tous ceux qui souhaiteraient la soutenir, les manières étant diverses : articles, entretiens, points de vue, abonnements aussi…

L’équipe de rédaction

 



Les conférences coorganisées par le Cefedem Rhône-Alpes et le CNSMD de Lyon sont ouvertes à tous. Le programme vous en sera communiqué sur simple demande.