« La danse dans l’école de musique » - 27 novembre 2003
Quels enjeux, quelles particularités, quelles contraintes, Quelles opportunités


Intervention de Corine Duval Metral (Coordinatrice de la formation diplômante au CA de professeur de danse au CNSMD de Lyon)

1) Présentation du département formation diplomante au CA de danse.

Le département Formation diplômante au CA au CNSMD est un dispositif très nouveau. Il s'agit de formation professionnelle continue. Nous proposons une formation longue, de 700 heures sur deux ans, où les trois disciplines (classique, jazz et contemporain) sont présentes.
Les grands axes sont :
- Le travail en équipe qui est essentiel dans la perspective de transversalité, de réalisations croisées…
- Articulation entre répertoire et création: travail à mener différemment dans les trois disciplines, c’est une recherche, un chantier à ouvrir.
- Recherche sur l’art d’enseigner, en prenant appui sur les sciences de l’éducation, l'analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé,l'expérience des grandes écoles de danse, et courants pédagogiques.
- Le projet, pour donner des moyens méthodologiques mais aussi les ressources artistiques nécessaires pour porter des projets sans dispersion d’énergie.

2) Réflexions autour de la place du musicien accompagnateur du cours de danse : Quels types de collaborations peut-on envisager, que représente, qu’apporte spécifiquement le travail avec un musicien accompagnateur ?

Tout au long du 20ème siècle, des grandes écoles de danse contemporaine américaines, ont développé des collaborations particulières entre musiciens, compositeur, accompagnateur, enseignants de « formation musicale ». De grands musiciens ont enseigné et enseignent la composition à des danseurs. Cela donne des expériences, des échanges, et des créations passionnantes.
Le rôle de l’accompagnateur est un sujet qu’on ne pouvait pas ignorer aujourd’hui. L’enseignement de la danse se base sur quatre maîtres mots : pratique ; ensemble ; musique ; danse. Notons que toute la pratique de l’élève est dans le cours. On ne lui donne pas un exercice à travailler pour la semaine suivante. En cela, nous échappons à une "solfégisation" de la danse. Dès le départ, l’apprentissage technique est reliée à l'artistique: il se fait par la pratique en groupe et en musique.
L’accompagnateur est un médiateur essentiel. Il doit « faire » de la musique, mais aussi éveiller la musicalité de la danse. La qualité première d’un accompagnateur est qu’il comprenne (ressente) profondément le sens du mouvement.
Il y a nécessité d’une formation spécifique de l’accompagnateur de danse.
Ce qui se joue entre danseurs et accompagnateur est du même ordre que ce qui se passe dans un ensemble de musique de chambre: départs sans chef, trouver un souffle commun, rechercher des connivences, une organisation.
L'accompagnateur doit donc développer une acuité visuelle afin de décrypter les intentions musicales du geste. Il lui faut voir, mais aussi ressentir physiquement le mouvement, avec ses composantes de dynamique, de poids, d’élan. La proposition musicale doit en permanence s’accorder, s’adapter à la proposition du danseur, sur le plan de la structure, des ambiances, des intensités.
Le musicien doit aussi développer des compétences pédagogiques, car il doit prolonger l’action du professeur en accompagnant, en soutenant l’état tonique des danseurs collectivement, mais aussi en engageant des échanges ponctuels plus individuels avec tel ou tel danseur.
Enfin, le musicien a un rôle fondamental dans le lien qu’il propose entre les apprentissages développés en formation musicale et leur transposition dans l’engagement physique. Cela peut se traduire par des démarches de compositions communes entre musicien, professeur de danse et élèves, ou d’improvisation. Les items composition et improvisation sont l'objet de ce que nous nommons: atelier. Ce temps est primordial à un enseignement de qualité.
La présence du musicien est indispensable si l'on veut que les enfants danseurs intègrent dans leur pratique même la subtilité musicale.
L'accompagnateur incarne au quotidien la relation musique/danse.