Conférences

Programme de conférences en cours d'élaboration

 

Les précédentes conférences :

 

Mardi 19 décembre 2006

De la natation appliquée à l’éducation musicale : pour une anthropologie des techniques du corps - Noémi Lefebvre -

 

Pour jouer de la musique il faut apprendre à jouer, mais pour apprendre à jouer il faut jouer. Comment sortir du paradoxe ? Il n’est apparemment d’autre choix que de renoncer à apprendre… ou renoncer à jouer. A moins de ne renoncer ni à l’un ni à l’autre et de « se jeter à l’eau ». Mais la pratique de la musique est-elle une « technique du corps » au même titre que la natation ?
« Se jeter à l’eau », faire sans savoir déjà faire, constitue un moment pédagogique problématique dans le cas de l’apprentissage de la musique, en ce qu’il semble devoir nous faire renoncer à la musique dans sa perfection.
La notion de « technique du corps », issue de l’anthropologie, permet d’appréhender la dimension culturelle de la formation du musicien, de considérer l’approche pédagogique et ses contenus pratiques non du point de vue de leur efficacité en soi mais de leur rapport à un contexte donné, et d’ouvrir ainsi une réflexion sur le rapport spécifique que nous entretenons avec l’art musical et ses significations non seulement pédagogiques et esthétiques, mais aussi sociales et politiques.

 

Noémi Lefebvre est chercheuse en sciences politiques.
Elle a notamment publié : « Maurice Fleuret : une politique démocratique de la musique », Documentation Française, et « Education musicale et identité nationale en Allemagne et en France » ;
Voir aussi ses articles dans « Enseigner La Musique »


 

Mardi 8 novembre 2005

La mesure - François Ribac -

 

Les sociétés et les humains ont toujours mesuré les choses. Mais, au 16e siècle, avec l’essor de la “révolution scientifique”, une nouvelle frénésie s’est emparée de l’Europe. Des outils et des systèmes ont été élaborés pour mesurer la terre, l’espace, les marchandises, le capital et bien entendu, le temps. Dans le sillage des grandes horloges qui dominaient les villes, la musique a elle aussi commencée à être mesurée et même écrite plus précisément qu’auparavant. Je m’intéresserai donc tout d’abord aux transformations qu’impliquent cette “réglementation”.
Ensuite, dans une seconde partie, j’essaierai de montrer combien le goût musical se fonde sur une appréciation, à la fois raisonnée et intuitive, du temps et de quelles façons nous incorporons ces règles. À partir d’exemples empruntés à de nombreux styles, on verra que le temps musical nous renseigne précisément sur les dispositifs qui donnent corps à la musique : la scène, les studios d’enregistrement, les orchestres, les éditeurs, les théories. Pas certain qu’à l’arrivée la distinction savant-populaire tienne encore...

 

François Ribac est compositeur de théâtre musical
et chercheur, auteur de «l’avaleur de rock», Éditions de la Dispute 2004


 

Lundi 20 juin 2005

Reconsidérer les enjeux de l'enseignement de la culture musicale - Denis Morrier-

Comment l’étude de la diversité des modèles musicaux peut inciter l’enseignant de la culture musicale à reconsidérer la nature de sa discipline (définie comme enseignement de l’histoire, l’analyse et l’esthétique des musiques) et les modèles pédagogiques généralement proposés par l’institution (définitions des matières et des modes d’évaluation) ?
Comment sa place dans une équipe pédagogique vient-elle alors à être redéfinie ? Comment les enjeux de la culture musicale peuvent-ils être amenés à rejaillir dans la pédagogie des autres disciplines ?
Autant de questions envisagées sous l’éclairage d’une expérience particulière, à l’Ecole Nationale de Musique du Pays de Montbéliard.

 

Denis Morrier est né en 1963 à Ambérieu en Bugey (Ain), Denis Morrier accomplit sa formation musicale au CNR de Lyon puis au CNSM de Paris, ainsi que dans les universités de Lyon et de Tours.
Titulaire depuis 1987 du CA de Culture Musicale, il enseigne cette discipline depuis 1988 à l’Ecole Nationale de Musique du Pays de Montbéliard.
Il enseigne depuis 1997 l’analyse musicale pour les instrumentistes au CNSM de Paris.
Son intérêt pour la musique ancienne l’a conduit à orienter ses recherches plus particulièrement vers la musique vocale italienne du baroque naissant (Monteverdi, Gesualdo et Cavalli) et l’opéra italien du XVIIIe (Traetta).
Comme musicologue, il a publié de nombreux articles sur ces sujets ainsi qu’une monographie consacrée à Monteverdi (ed. Harmonia Mundi) et une autre à Gesualdo (Fayard-Mirare).

 

Principales publications de Denis Morrier :

Les trois visages de Monteverdi, ed. Harmonia Mundi, coll. Passerelle, 1998.
Carlo Gesualdo, ed. Fayard-Mirare, 2003.
Avant-Scène Opéra : Orfeo (n° 307parution mars 2002 : Rédacteur en chef invité), Le Couronnement de Poppée ( n°224 : rédacteur en chef invité, n°115) et Le Retour d'Ulysse de Monteverdi (159)Articles pour Nouveau Dictionnaire de la Musique Larousse/Bordas, Encyclopedia Universalis
Co-auteur du Guide de la Musique Ancienne et baroque, ed. Laffont, coll. Bouquin.
Préface des Actes du Colloque Johann Jakob Froberger
Conseiller Scientifique et co-rédacteur du Catalogue des Fonds Musicaux de Franche-Comté.
Nombreux autres articles, pour Diapason depuis 1985, et diverses revues et organismes de concert, de spectacles ou maisons de disques.


 

Lundi 26 avril 2004

La question du - ou des - public(s) - Jean-Louis Fabiani -

 

" On attribue à Anton Webern l’assertion selon laquelle " le public, ça sert à améliorer l’acoustique de la salle "… Comment aborder la notion de public ? L’histoire des sociologies de la culture montre clairement l’impossibilité de constituer un champ de recherche unifié autour de cette question. La notion de culture, qui fonde les pactes qui définissent le régime d’existence de collectifs de spectateurs, est elle-même fort incertaine. […]
L’écart permanent entre public constaté et public inventé est au principe d’une gamme très variée de prises de position sur la culture en général. Il existe en effet une contradiction inhérente à la vie artistique, puisque l’histoire de la culture, c’est aussi l’histoire de l’autonomisation progressive des artistes, de l’imposition par les artistes de leur propre légitimité, sans autre fondement que l’affirmation de soi qui les constitue. Dans le projet d’autonomie absolue de l’artiste, tout aussi utopique que le fantasme de la communauté des audiences, il y a sans doute le projet implicite de la disparition du public ou celui de l’existence d’un public entièrement domestiqué, éduqué, dira-t-on si l’on est plus timide. […]
La figure de l’amateur, attaché à l’expression de soi dans un contexte qui ne suppose plus la reconnaissance par le marché ni la validation par la réputation, peut émerger comme alternative aux illusions que véhicule le modèle généralisé de la vie d’artiste."

 

Jean-Louis Fabiani est directeur de recherches à l'EHESS (Ecole des Hautes études en sciences sociales).


 

Mardi 30 mars 2004

Pratiques enseignantes et conceptions didactiques - Philippe PERRENOUD -

Enseigner une discipline ne se réduit peut-être pas à l'addition de deux compétences, celle de la maîtrise de cette discipline et celle d'une habileté pédagogique. Plus souvent qu'on ne le croit, la manière d'enseigner est liée à une conception des matières : la dimension didactique détermine ainsi fortement le type d'enseignement proposé et les rôles que les enseignants ont à y jouer. En organisant le cursus et les procédures d'enseignement, les choix didactiques définissent des options culturelles et sociales fortes, car ce sont eux qui tracent les chemins que les élèves seront amenés à parcourir.
Conçue ainsi, la réflexion didactique devient un enjeu professionnel, car elle intéresse l'ensemble des acteurs d'un enseignement.

 

Philippe Perrenoud est professeur à l'Université de Genève, Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'éducation. Ses recherches portent aujourd'hui, entre autres, sur la sociologie du curriculum.